*___Je ne peux pas te promettre de t'aimer à jamais, mon amour. Ce ne serait qu'une douce ineptie. Un doux mensonge. Et pourtant, et pourtant, mon amour, je peux te jurer que je t'aime depuis toujours. Peu à peu, je te reconnais, toi, celui que j'ai toujours aimé. A travers chacun de ceux qui m'ont fait frissonner, c'était toi que j'aimais. Chacun des sourires que j'ai esquissés t'était adressé. Chacune de mes larmes était un peu d'espoir qui t'était envoyé. Un appel en silence. Vois-tu, mon amour, je t'attendais. Je te connaissais par c½ur. Seuls les traits de ton visage et les courbes de ton corps étaient flous. Flous mais beaux. Je les aimais aussi. Sans te connaître, je te reconnaissais dans chacun de ceux que je croisais. Dans chacun de ceux qui m'ont émue, qui m'ont transportée, qui m'ont fait rire, ou m'ont bouleversée, je te reconnaissais. Toi. Je découvrais parfois même tes côtés les plus sombres parmi ceux qui m'ont déçue. A peine. De petites déceptions. Rien de grave, mon amour. Un léger retard, un mot déplacé, un simple oubli. De ces petites déceptions qui font le quotidien. De celles que nous connaîtront un jour, mon amour, mais dont nous rirons plus tard. Nous en traverserons des pires aussi. De celles qui ne nous feront jamais rire mais qui nous aurons construits. De ces pénibles et douloureuses périodes de doutes durant lesquelles nous tâcherons de nous battre encore. De nous aimer encore. Et nous réussirons. Au moins une fois. Nous recommencerons. Nous nous réapprendrons. Nous réapprendrons cette confiance que l'on aura perdue, cette confiance qui avait pourtant était si dure à acquérir. Peut-être même que l'envie de connaître d'autres vies et d'autres sensations t'emmèneront vers d'autres bras ou me feront succomber au charme d'autres yeux. Mais vois-tu, mon amour, je t'aurais toujours aimé. Sans mentir. Je sentais ton souffle dans mon cou, tes mains sur ma peau, ton odeur si près de mon corps chaque fois que c'était un autre que toi qui me serrait dans ses bras. C'était un bout de toi que j'aimais chez chacun de ceux que j'ai connu. A travers eux, c'était toujours toi. Et dans mes heures de solitude, dans ces moments où personne ne faisait battre mon c½ur, c'est de toi dont je rêvais. Ma vie était déjà faite de toi, mon amour, mais je ne le savais pas.
Je ne pense pas avoir besoin de le préciser, mais sait-on jamais : ce texte est purement fictif.